Les champs de l'ancestralité à Madagascar

Parenté, alliance et patrimoine

 

De Paul Ottino

 

Orstom/Karthala - Collection : Coédition - 1998

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    Présentation

    Au-delà de la grande diversité de surface des structures sociales malgaches, les champs de l’ancestralité font ressortir les idées et principes communs sur lesquels elles sont fondées. Dès la première page, l’auteur met en lumière l’ordonnancement idéal du Zahatra qui, ne séparant pas le monde visible des vivants du monde invisible de leurs ancêtres et autres entités de la surnature, fonde le caractère cosmique des sociétés étudiées. Dérivant directement de cette conception, l’identité locale de jus sanguinis et de jus sali établit le poids de la parenté par le patrimoine qui, partout consolidée par une forte tendance à l’endogamie (de descendance ou de condition), favorise l’émergence de lignées ou de « noyaux » de proches parents en mesure (de par les positions d’autorité qu’ils occupent) de contrôler le maximum d’atouts ou de capitaux sociaux, économiques, symboliques. Deux distinctions majeures opposent, d’une part, les « donneurs d’épouses » (ou mieux, dans les conceptions locales, les donneurs de vie) aux « preneurs » et, d’autre part, les « descendants d’hommes » aux « descendants de femmes » ; ces distinctions établissent l’importance sociologique de la parenté par les femmes (les sœurs et les filles mariées) dont la dispersion, constitutive dans les campagnes de véritables trames régionales, met en rapport d’échange les « ancestralités » localisées des « descendants d’hommes ». Dans le même temps, l’instabilité des unions conduit, dans la plupart des régions, à une multiplication des demi-germains susceptible, en fonction des statuts des parents, d’introduire des différences de rang entre les parents les plus proches. La démarche interprétative fondée sur la compréhension des pratiques individuelles ou collectives, la plupart du temps senties comme « allant de soi » et, par conséquent, plus « agies » que « pensées », explique la grande place faite à l’ethnographie. Outre qu’elle confirme le pragmatisme des cultivateurs, des paysans, des éleveurs ou des pêcheurs étudiés, cette observation in situ fait encore ressortir le poids des relations de pouvoir confirmant une fois de plus la réalité essentiellement inégalitaire et hiérarchique des sociétés de Madagascar.

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